Posts Tagged ‘budget sponsoring’

Nouveau modèle économique pour le sponsoring F1

14 avril 2009

C’est un montage financier plutôt étonnant qui a été révélé il y quelques jours : Virgin aurait acquis l’intégralité des droits d’image de Brawn GP. Normal, me direz-vous, il est le premier sponsor à s’être déclaré pour soutenir cette nouvelle équipe. S’il est vrai que l’accord a été signé quelques heures avant le début du premier grand-prix pour que les monoplaces blanches portent le logo, il semble que le contrat aille plus loin que la simple visibilité des stickers sur la carrosserie.

MALAYSIAN GRAND PRIX F1/2009 -  KUALA LUMPUR

Le budget serait de 10 millions d’euros pour 2009, puis 30 millions d’euros pour 2010 (à comparer à un budget global de 300 millions d’euros pour un « top team ») en échange de quoi le groupe Virgin détiendra les droits exclusifs et commerciaux de tout autre parrainage de l’équipe. Ce qui veut dire, en clair, que pour 30 millions d’euros Virgin à toute la surface de la voiture, et qu’elle a la liberté de revendre certains espaces pour son propre compte, en prenant une marge au passage. Le bénéfice ainsi dégagé serait ré-investi dans le rachat de l’écurie.

Les monoplaces de Brawn GP ne vont sans doute pas rester blanches très longtemps !

Un nouveau modèle économique révélé sur le site TomorrownewsF1.

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Budget sponsoring : que faire de ses millions ?

23 octobre 2008

C’est la crise, nous dit la télé. Alors profitons-en pour parler budget. Certains en doutent encore, mais le sponsoring amène un bon retour sur investissement. Lorsqu’il est bien mené, bien sûr, et ne résulte pas uniquement de la volonté du patron de se faire plaisir le week-end.

Par exemple, BNP Paribas s’investi dans le tennis depuis 30 ans, auprès de l’Open de France, de Roland Garros, de la FFT, de la coupe Davis et du Master ATP de Bercy. Tout ça pour un billet estimé à 20 millions d’euros. Résultat : la banque est le sponsor du tennis le mieux mémorisé par les Français, et surtout c’est le premier sponsor le mieux mémorisé (33%), toutes disciplines confondues*.

*Source : Stratégies n°1489, Sportlab Group-Sportimat2007.

Si vous avez quelques millions, mais que la place est déjà prise par BNP, voici d’autres idées de budgets :

Dans le football :
– Maillot de l’OM : 6 à 8 Millions d’euros/an (Neuf/Direct Energie)
– Maillot de l’OL ou du PSG : 4 à 6 Millions d’euros/an
– Maillot des arbitres de Ligue 1 : 1,5 Millions d’euros/an (But)

Les grands clubs étranger font beaucoup mieux :
– Maillot de Manchester United : 21 Millions d’euros/an (AIG)
– Maillot du Bayern Munich : 20 Millions d’euros/an (T-Home)

Chez les équipementiers aussi c’est la bagarre :
– Equipementier maillot de l’Equipe de France de rugby : environ 5 Millions d’euros/an (Nike)
– Equipementier maillot de l’Equipe de France de foot : environ 10 Millions d’euros/an (Adidas) et 42 Millions d’euros/an à partir de 2011 (Nike)

Dans le cyclisme, les retombées des sponsors français sont bien évidemment boostées par le Tour de France :
– Equipe Continental Pro : 3 à 4 Millions d’euros/an (Agritubel)
– Equipe Pro-Tour : 6 à 7 Millions d’euros/an (Bouygues Telecom, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole)
– Ville départ du Tour de France : 10 Millions d’euros (Londres 2007)

Dans la voile, les budgets ne sont pas annuels, mais pour 4 à 5 ans :
– Maxi-trimaran Banque Populaire : 10 Millions d’euros
– Team Oracle BMW (America’s Cup) : 130 Millions d’euros
– Monocoque PRB (Vendée Globe, Route du Rhum…) : 2,5 Millions d’euros

Enfin, les plus gros budgets sont investis en Formule 1, reine du sport business :
– Top sponsor : compter 50 millions d’euros/an (Vodafone, ING)
– Partenaires officiel : de 3 à 15 millions d’euros/an
– Budget complet d’une écurie par saison : environ 330 millions d’euros (Renault F1 Team)

Bien sûr, tous ces chiffres sont variables, en fonction de l’actualité, des résultats, des compétitions à venir, et de l’offre et la demande. De plus, investir un gros billet pour s’offrir de la visibilité dans le sport, mais ne pas avoir les moyens de le faire savoir ne donne rien : il faut donc prévoir que pour 1 euro investi dans le sponsoring, 1 euro doit être investi dans la communication de ce partenariat.

Combien ont coûté les athlètes français aux JO ?

25 août 2008

323 athlètes ont fait le déplacement à Pékin. Certains pour de belles médailles, d’autres pour se faire voler par les juges, d’autres seulement pour rencontrer d’autres délégations. Avec les entraineurs, le staff technique et médical, ça fait un paquet de monde dans la délégation française.

Pour Athènes en 2004, le montant tous frais confondus s’est élevé à 4,7 millions d’euros. Ce budget couvre
l’ensemble des dépenses de transport, hébergement, restauration, habillement, billetterie, fonctionnement,
assurances, service médical, et Club France. Le montant sera sans doute plus élevé pour Pékin, à cause du transport notamment.

Le CNOSF apporte, sur ses ressources propres, un montant de 2,4 m€, financé grâce à ses contrats de partenariat (voir ci-dessous). Et c’est l’Etat Français qui complète le budget.

40 médailles plus tard…

24 août 2008

Loin du blog, je me suis régalé devant ces Jeux Olympiques de Pékin, sans doute comme vous. Mon œil de « communiquant » n’est pas resté inactif : qu’est-ce qui rend les olympiades aussi belles ? Peut-être parce que c’est le seul événement sportif mondial où les annonceurs ne matraquent pas au bord des terrains.

Pourtant il y a des partenaires, et des gros ! Le prix moyen pour être top sponsor aux JO serait de 100 millions de dollars. Et la bagarre est plutôt rude pour accéder au rang de « partenaire international ».

Le Comité International Olympique est associé à 12 marques, pour la durée d’une olympiade, hiver et été. Pourtant dans tous les sites olympiques et sur les dossards des athlètes, aucune marque commerciale ne figure ; seuls les anneaux olympiques et le nom de la ville hôte sont identifiés. Aucun espace n’est attribué aux sponsors, mais ils acquièrent le droit d’utiliser le symbole des anneaux et l’appellation officielle sur leurs propres produits et dans leur communication. Et ils sont aussi les seuls à avoir pu organiser des événement à Pékin, autour des sites de compétition.

Et à qui profite ces contrats de sponsoring faramineux ? A tous les sportifs ! 94 % des recettes sont ainsi reversées :
50 % sont reversés aux deux comités d’organisation des Jeux d’été et d’hiver pour l’organisation des prochaines olympiades.
23 % vont aux Fédérations Internationales pour le développement de leur sport
20 % reviennent aux 205 Comités Nationaux Olympiques, dont le CNOSF pour la France.
Reste 6% au CIO pour son fonctionnement et l’achat d’espace pour la promotion des jeux et des partenaires.

Source : « Guide de l’Athlète du CNOSF – Pékin 2008 »
Note : il manque 1 % dans la répartition… A qui les quelques 10 millions de dollars manquants ?

Le sponsoring cycliste : un bon investissement ?

8 juillet 2008

Certainement ! Ce n’est pas par hasard ou passion que des marques comme Caisse d’Epargne, Crédit Agricole, Bouygues Telecom, Française des Jeux ou encore Cofidis font du Tour de France leur événement sponsoring majeur. C’est avant tout pour aller au contact du public, de la France « populaire », c’est à dire une bonne partie de leur cœur de cible.

En terme de retombées, l’affaire est bonne également : connaissez vous Agritubel ? Si vous suivez le vélo certainement, surtout depuis que Romain Feillu a ravi le maillot jaune. Et pourtant, Agritubel c’est « le tubulaire bovin »… pas très glamour…

Grâce à son investissement dans le cyclisme, ce fabricant français leader dans l’équipement tubulaire pour les exploitations agricole a vu sa notoriété et son chiffre se développer de manière conséquente : c’est le troisième Tour pour l’équipe Agritubel, et le chiffre d’affaires a augmenté de 40 % en France, et de 70 % à l’étranger !

L’équipe Agritubel est classée « Continental Pro », qu’on peut considérer comme la division 2 du cyclisme. Avec un budget annuel de 3,7 millions d’euros, ses bons résultats sportifs lui permettent depuis 3 ans d’être invités à courir le Tour de France, avec des équipes « Pro Tour » au budget moyen de 7 millions d’euros, et d’obtenir aussi un très bon retour sur investissement.